Calices

 

 

Titre : Calices
Auteur : Victoriane Vadi
Maison d'édition : MxM Bookmark
Genre : Homoromance (MMM) / Fantasy
Prix :
15€ format papier / 5,99€ format numérique
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/!\ Attention : lecture à ne pas mettre entre toutes les mains /!\

Critique :

 

      

        Victoriane Vadi nous entraîne dans un monde à l'agonie, où ne règne plus qu'un rude hiver au nord et un climat aride au sud. L'histoire prend place dans ces étendues enneigées, où les êtres humains se comptent à présent au compte-goutte et où l'espèce dominante est devenue celle des vampires qui s'en font désormais les gardiens (à but purement nutritif, bien sûr). Des vampires qui ne répondent à aucun code que vous ayez l'habitude de voir ;)

       La présentation du récit nous indique que l'homme se retrouve donc relégué au rang de serf, s'occupant des terres des riches seigneurs vampires auxquels ils sont rattachés pour leur protection. Chaque famille doit, en sus, fournir son second fils lorsqu'il atteint l'âge de 15 ans pour intégrer les sérails de ces êtres aussi charismatiques qu'effrayants. Les jeunes gens y restent ainsi jusqu'à l'âge de 19 ans, âge à partir duquel ils peuvent alors être offerts en présent, monnaie d'échange entre différents seigneurs, ou nommés au « prestigieux » titre de Calice.

       Mais qu'est-ce que le Caliçat ? Il s'agit d'un système dans lequel un humain est choisi pour être le compagnon, parfois l'amant, d'un seigneur vampire à qui il doit faire preuve d'une extrême soumission et répondre à ses moindres besoins, que ce soit de chair ou de sang. Pour cela, il doit endurer une cérémonie qui lui vaudra de recevoir la marque de son maître, étape obligatoire pour lier les deux parties et qui peut s'avérer particulièrement humiliante puisque l'humain choisi doit subir une défloration en public.

       À partir de là, l'intrigue va suivre deux axes. D'un côté, nous suivrons Alcuin : de sa sortie du sérail du seigneur de Vultueuse, à son affiliation à celui de Sang-Verse. De l'autre, l'auteure nous entraîne dans la résolution d'une conspiration visant à faire tomber Alastair, le nouveau maître d'Alcuin.

 

       Concernant les personnages, nous sommes servi en personnalités fortes. Nous avons tout d'abord Richard de Vultueuse, premier maître d'Alcuin chez qui il a été éduqué pour devenir Calice. Celui-ci passe pour être un seigneur exemplaire et digne, traitant bien les humains dont il a la charge et s'affichant en figure politique sage et avisée qui n'hésite pas à offrir des présents dignes de ce nom à but de négocier. C'est ce dernier point qui l'amène à rencontrer Alastair de Sang-Verse avec qui il souhaite établir un accord concernant un passage sur son territoire.

       Alastair est un vampire incroyablement vieux, parmi les plus âgés de son espèce. Son ancienneté lui offre cette sagesse qui fait de lui un dirigeant d'exception et un vampire soucieux du bien-être de ses proches et de ses esclaves. Aussi, lorsqu'il reçoit Alcuin en présent, n'hésite-t-il pas à lui épargner toute humiliation et atteinte à sa pudeur durant la cérémonie du Calice. Ce n'est qu'une fois sa confiance gagnée qu'il se montre plus demandeur. De même, en bien des points, il apparaît un peu comme une curiosité au sein de ceux de sa race puisqu'il n'a aucune gêne à aller à l'encontre de certains tabous. Ce qui lui vaut d'ailleurs de susciter des contestations au sein des siens et c'est en partie pour cela qu'une conspiration éclate, amorcée par une tentative d'assassinat visant Richard.

       Au milieu de tout ce beau monde, nous avons également le général Hrold. Fidèle ami et amant d'Alastair, il est là pour le soutenir en toute circonstance et ne pense toujours qu'à son bien. Il n'est pas peu dire qu'il a une confiance aveugle en lui, au point de ne faire que peu cas de l'entrée d'Alcuin au sein de leur couple. Il l'accueil au contraire à bras ouverts, jusqu'à devenir le guide et formateur du jeune humain dans sa découverte des relations charnelles.

       Et enfin, Alcuin, le protagoniste. Un personnage étonnant et double puisqu'il se veut le meilleur des esclaves mais ne peut pourtant retenir quelques petits pics de caractères (qui feront, d'ailleurs, toute la satisfaction d'Alastair) alors même qu'il a été « dressé » à toujours endurer en silence, à se montrer servile envers son maître. Un personnage d'une grande fragilité aussi, mais dont c'est la plus grande force car, aux yeux d'un peuple dont le cœur s'est refroidi et ne jure que par comédie et faux-semblants, la fragilité humaine, l'innocence, la pudeur et le manque de contrôle sur les émotions deviennent des qualités rares et précieuses capables de susciter autant admiration que jalousie.

 

       Ce qui m'amène à aborder brièvement les relations. Brièvement, car tout se résume en peu de choses : amour inconditionnel, fusionnel et confiance absolue entre Alastair et Hrold dont le couple ne souffre pas le moins du monde de l'entrée dans leur ménage d'Alcuin. A contrario, le jeune humain devient leur bien le plus précieux qu'ils en viennent à vouloir chérir comme un trésor. Il ne fait, ainsi, que devenir un nouveau lien entre eux.

       De son côté, Alcuin apprend à leur faire confiance malgré la soumission à laquelle il est contraint et se découvre un plaisir à devoir leur obéir car, c'est aussi grâce à eux qu'il apprend à découvrir son corps, ce qu'il aime et ce qui peut lui faire du bien. Une sorte de quête initiatique, en quelque sorte.

 

       Sur ce dernier point, certains lecteurs pourront être déroutés par l'extrême soumission flirtant avec l'humiliation exigée des humains mais il faut voir au-delà de cet état pour y lire aussi une sorte de libération de tout ce qui nous frêne pour viser une sorte d'épicurisme ultime : acceptation de son corps, de ses fantasmes, acceptation du plaisir et de ce qu'on éprouve ou désire, le tout sans plus se soucier du regard des autres. Contraint à devoir se laisser guider, l'humain se voit débarrasser de toutes ces notions de justifications et d'inhibition qui l'entravent. Ce sont de nouveaux codes qui sont instaurés et, en un sens, cet esclavage est presque une nouvelle liberté. Presque, car il ne faut pas oublier que cet épanouissement vaut pour le triangle Alastair/Hrold/Alcuin mais il est bien précisé que tous les vampires n'ont pas tant de considération.

 

       Je ne m’étendrai pas sur le scénario que je vous laisse découvrir et se résume au démontage du complot orchestré au château de Sang-Verse. Je préciserai peut-être, quand même, qu'il m'a semblé toutefois relativement secondaire en comparaison de « l'apprentissage » d'Alcuin. Attendez-vous donc à ce que le sexe et les scènes croustillantes aient une place centrale voire omniprésente. Il n'est cependant pas à négliger car il sera aussi constitutif de l'évolution d'Alcuin et de ses relations avec Alastair et Hrold.

       À la place, je m'attarderai plutôt sur le style fluide et visuel de Victoriane Vadi que j'avais précédemment découvert avec d'autres de ses œuvres dont son excellente saga Nox Arcana. Comme pour les autres, le vocabulaire est excellent, l'ambiance est là et l'originalité sert un récit qui maintient l'intérêt du lecteur du début à la fin. Ajoutez à cela l'immersion dans l'esprit d'Alcuin qui permet de suivre son évolution et son approche du monde des vampires, et vous avez une bonne petite histoire qui tient ses promesses.

 

       En conclusion, j'ai passé un bon moment qui m'a fait le lire d'une traite. Je ne cacherai pas que ce n'est pas mon œuvre préférée et que, d'ordinaire, je ne suis pas spécialement friande de ménage à trois mais Victoriane Vadi a su me convaincre de plonger dans son univers et je n'ai pas été déçue.

       Je vous invite donc, à votre tour, à passer les portes du château de Sang-Verse ;)

 

 

 

 

Résumé : 

     

 

        L’hiver éternel a succédé à l’âge lumineux des hommes.

       Dans leurs forteresses en ruine, les humains mourant de froid ont dû remettre leurs vies entre les mains de leurs antiques ennemis, les vampires, faisant d’eux les gardiens et les protecteurs de l’humanité vacillante.

        Alcuin, né à l’âge d’or de cette alliance, a grandi dans la servitude et s’apprête à devenir le calice du Seigneur de Sang-Verse, auquel il est offert en gage de paix, à la manière d’un présent politique. Mais la cour de son nouveau maître est le lieu de complots effrayants et d’amours singulières, et parmi les ombres glacées de la Citadelle, s’avance le spectre d’une vieille guerre.

 

 

A voir aussi :

 

 

Sortie des Sables :

 

        Né dans la cité ensoleillée de Tès où la fortune sourit à ceux qui ont l’audace de défier leur destin, Aspel menait une vie paisible au sein d’une famille heureuse. Seulement, le bonheur a un prix dans le royaume du Sud et Aspel en fait la rude expérience à la mort de son père, lorsque leurs créanciers menacent de livrer sa famille à la misère et à la mendicité.

       Pour sauver sa mère et ses frères de la ruine, il vend sa vie à une guilde d’esclavagistes, conscient pourtant du sort funeste qui l’attend. Mais sans autre choix possible, il renonce à sa liberté et est emporté loin de sa ville natale, en direction des mines de fer où l’on meurt d’épuisement. Les routes dangereuses qui y conduisent l’amènent aux portes du Désert Nébether, que l’on dit peuplé de sorciers et de mauvais esprits. Des périls l’y attendent et l’ombre de la mort plane au-dessus de sa tête, aussi fatale que le soleil accablant sur les étendues arides.

       Cependant il advient parfois que le sort récompense favorablement ceux qui s’en remettent à lui, et il sourit à Aspel sous la forme envoûtante d’un guerrier du désert.



Nox Arcana (#1 – Nox Atra) :

       Le jour, Val travaille pour un petit bouquiniste. Il a abandonné ses études et perdu de vue ses amis depuis qu’il a commencé à avoir d’effrayantes visions.

       La nuit, il dort seul dans un minuscule appartement où le cauchemar d’une créature d’épouvante qui l’étrangle dans son sommeil le tourmente sans relâche.

       Alors qu’il sombre lentement dans la solitude et l’obscurité, un soir, un homme aussi séduisant qu’inquiétant se présente à la boutique. Il semble savoir quelque chose de son don et du mal qui le dévore et lorsqu’il se propose de l’aider, Valenn accepte. Mais il a un mauvais pressentiment à son sujet : Sytry va-t-il le libérer de ses démons, ou l’entraînera-t-il plus loin encore dans un monde de ténèbres ?

 

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Présentation de l’éditeur :

Attention, présence d’érotisme, ne convient pas aux plus jeunes lecteurs.